Pourquoi sait-on parfois exactement quoi faire sans réussir à changer ?

Vous savez que cette relation vous fait souffrir. Vous savez qu’il faudrait poser une limite. Vous savez qu’il serait bon de ralentir, de prendre soin de vous ou d’arrêter de vous suradapter aux autres.

Et pourtant…

Vous continuez.

Comme si quelque chose en vous résistait.

Comme si une partie de vous savait exactement quoi faire, tandis qu’une autre semblait incapable de passer à l’action.

Cette situation est bien plus fréquente qu’on ne le pense. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, elle n’a rien à voir avec un manque de volonté.

Comprendre ne suffit pas toujours

Nous vivons dans une société qui valorise énormément la compréhension.

On nous apprend qu’en identifiant la cause d’un problème, nous pourrons le résoudre.

Mais l’expérience montre souvent le contraire.

Certaines personnes comprennent parfaitement pourquoi elles réagissent ainsi :

  • elles connaissent leur histoire ;
  • elles identifient leurs blessures ;
  • elles ont lu de nombreux livres ;
  • elles ont parfois suivi plusieurs thérapies.

Pourtant, face à certaines situations, les mêmes réactions reviennent encore et encore.

Pourquoi ?

Parce qu’une partie de nos fonctionnements ne dépend pas uniquement de la réflexion.

Le corps apprend lui aussi

Lorsque nous traversons des expériences difficiles, notre cerveau enregistre des informations.

Mais notre corps aussi.

Au fil du temps, certaines réactions deviennent automatiques.

Par exemple :

  • se taire pour éviter un conflit ;
  • faire passer les besoins des autres avant les siens ;
  • rester constamment en alerte ;
  • chercher à tout contrôler ;
  • éviter certaines émotions jugées trop inconfortables.

Ces réactions ont souvent été utiles à un moment de notre vie.

Elles nous ont aidés à nous adapter.

Le problème est qu’elles continuent parfois à fonctionner bien après que la situation ait changé.

Quand la tête dit « oui » mais que le corps dit « attention »

Imaginons une personne qui souhaite enfin apprendre à dire non.

Intellectuellement, elle est convaincue.

Elle sait que c’est nécessaire.

Elle sait même comment s’y prendre.

Mais au moment où elle tente de poser une limite, quelque chose se produit :

  • son cœur s’accélère ;
  • son ventre se serre ;
  • une peur apparaît ;
  • une culpabilité envahit l’espace.

Le corps réagit comme si un danger était présent.

Même lorsque la situation actuelle n’est pas réellement menaçante.

La personne ne manque pas de volonté.

Elle se retrouve simplement confrontée à une mémoire émotionnelle plus ancienne que sa réflexion.

Le changement passe aussi par l’expérience

C’est souvent là que se situe la limite des conseils.

On peut savoir ce qu’il faudrait faire.

On peut comprendre pourquoi.

Mais tant que le système nerveux continue à percevoir une menace, le changement reste difficile.

C’est pourquoi certaines approches thérapeutiques accordent une place importante au corps, aux émotions et aux sensations.

L’objectif n’est pas seulement de comprendre.

Il s’agit aussi de permettre au corps d’expérimenter progressivement autre chose :

  • davantage de sécurité ;
  • davantage de souplesse ;
  • de nouvelles façons de réagir ;
  • une relation différente à ses émotions.

Le changement devient alors une expérience vécue, et non uniquement une idée comprise.

Et si ce n’était pas un manque de volonté ?

Si vous avez parfois l’impression de reproduire les mêmes schémas malgré tous vos efforts, il peut être utile de changer de regard sur vous-même.

Peut-être que le problème n’est pas un manque de motivation.

Peut-être qu’une partie de vous essaie simplement de continuer à vous protéger avec les moyens qu’elle a appris autrefois.

Comprendre est souvent une étape essentielle.

Mais pour transformer durablement certains mécanismes, il est parfois nécessaire d’impliquer également le corps, les émotions et l’expérience vécue.

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Au sein de Coeur en Corps, à Ploemeur près de Lorient, j’accompagne les personnes qui souhaitent mieux comprendre leurs réactions, mais aussi retrouver davantage de liberté intérieure grâce à une approche thérapeutique psychocorporelle.

L’objectif n’est pas seulement de savoir pourquoi l’on agit ainsi, mais de pouvoir progressivement expérimenter d’autres façons d’être, plus apaisées et plus alignées avec soi-même.

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